Notes sur l’histoire de l’hôpital de Concarneau

samedi 21 avril 2012, par jps29

A l’occasion de recherches sur d’autres sujets, je trouve des informations sur des thèmes différents mais qui me tiennent autant à cœur. Alors autant rédiger immédiatement des notes qui seront étoffées au fur et à mesure des découvertes fortuites ou provoquées.

L’hôpital de Concarneau est d’origine récente. C’est en 1932 que le projet de construction est soumis aux autorités. Il faut attendre l’installation d’une municipalité communiste, après les élections de 1935, avec à sa tête Pierre Guéguin, militant communiste, mort fusillé au camp de Châteaubriant en octobre 1941, pour que le dossier qui « dormait dans les cartons des ministères [1] » soit réactivé. Le conseil municipal vote en fin d’année 1936 le principe d’une subvention de 500.000 francs qui ne couvre que la moitié du montant des travaux. La mairie compte sur le prix de journée pour financer le reste [2]. Pour rassurer la population sur les conséquences de cette construction sur le taux d’imposition des concarnois, la municipalité se veut rassurante :

L’emprunt complémentaire à réaliser sera couvert par le prix de journée de l’hôpital-hospice, étant entendu que les service préfectoraux ont pris l’engagement de fournir suffisamment de pensionnaires à l’hospice.

Les contribuables concarnois ne supporteront donc pas de nouvelles charges du fait de la réalisation de cette œuvre sociale.

La construction de l’hôpital hospice de Concarneau est achevée en février 1938.

Dans l’hebdomadaire du PCF La Bretagne Ouvrière [3], un article titré « Pour les vieux. Le nouvel hospice de Concarneau » relate la journée d’inauguration :

De nombreux concarnois sont venus visiter l’Hospice de vieillards qui vient de s’ouvrier en Ville Close.

Tous ont été agréablement surpris, car l’établissement si, du dehors ne dit pas grand’chose, de l’intérieur se révèle admirablement conçu pour le but auquel il est destiné.

Grandes salles claires, d’où l’on a une vue magnifique sur l’arrière-port de Concarneau ; chauffage central fonctionnant au mazout, cuisine moderne, salles de jeux et réfectoires accueillants.

Devant, un parc, sur la butte du Petit-Château, qui au printemps, l’orque les arbres et les arbustes auront verdi, procura aux vieillards hospitalisés une sortie et un lieu de promenade des plus agréables.

Nous avons interrogé quelques-uns de ceux-çi et ils se sont tous déclarés enchantés de leur nouvelle demeure.

Et le rédacteur conclut l’article en faisant le point sur l’autre aspect de la prise en charge sanitaire de la population

Souhaitons pour terminer l’œuvre sociale entreprise en Ville Close, le gouvernement accorde une subvention suffisante à la Municipalité pour qu’elle puisse faire construire rue Vauban, le dispensaire moderne dont les plans sont acquis depuis plus d’un an à Paris.

Et alors, Concarneau, à ce point de vue, n’aura rien à envier aux villes jusqu’à présent mieux pourvues. Elle sera à la pointe du progrès dans l’œuvre de solidarité sociale.

L’hôpital-hospice moderne est né.

Bibliographie sur Concarneau :
Une tentative précédente de créer un hôpital :
- Le Maître Louis-Pierre, "L’hôpital de la Trinité en ville close de Concarneau", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, Quimper, Société Archéologique du Finistère, 1979, n° 107, p. 267-276.


[1La Bretagne Ouvrière, 17 octobre 1936.

[2Pour une synthèse des modes de financement des hôpitaux voir Chevandier Christian, L’hôpital dans la France du XXe siècle, Paris, Perrin, 2009, p. 73 et suivantes.

[3La Bretagne Ouvrière, 12 février 1938.

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