Les grèves dans la céramique à Quimper en 1925

mardi 13 juillet 2010, par jps29

Activité emblématique de Quimper, la faïencerie a aussi été le théâtre de mouvements sociaux très durs. Le dernier marque la fin d’une période ouverte par « les années 68 ».

Que s’est-il passé auparavant ?

Du 2 au 21 avril 1925, les ouvriers font une des plus longues grève de l’histoire des faïenceries quimpéroises. Les chiffres bruts :

- 2 usines ;
- 350 ouvriers ;
- 350 grévistes ;
- 5250 jours de chômage.

Les ouvriers demandent une augmentation du salaire journalier et les 8 heures.

Salaires en francs
SalaireDemandeRésultat
Minimum 15 22,5 17
Maximum 24,5 29 27

Quant à la durée quotidienne du travail, elle passe de 10 à 9 heures. Nous allons suivre le conflit au travers des compte-rendus parus dans l’Ouest-Eclair.

Le premier jour :

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Ouest-Eclair du 3 avril 1925
Source : Ouest-Eclair du 3 avril 1925.

Le suivant :

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La grève s’étend.

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Ouest-Eclair du 5 avril 1925
Source : Ouest-Eclair du 5 avril 1925.

Réunion au gymnase municipal.

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Ouest-Eclair du 5 avril 1925.
Source : Ouest-Eclair du 5 avril 1925.

D’autres corporations en grève.

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Ouest-Eclair du 7 avril 1925.
Source : Ouest-Eclair du 7 avril 1925.

La grève touche aussi Pont-L’Abbé :

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La grève continue :

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Ouest Eclair du 9 avril 1925

Rien le 10

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Le 11 pas grand chose, le conflit s’installe dans la durée :

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Ouest-Eclair du 11 avril 1925
Source : Ouest-Eclair du 11 avril 1925.

Le 12 rien. Le 13 :

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La grève qui était annoncée comme étant terminée, ne l’était finalement pas. Mais l’Ouest-Eclair du 22 avril 1925, qui reconnaît son erreur, annonce cette fois-ci la véritable fin du conflit. Il semble qu’il y ait des réticences parmi les ouvriers puisque tous ne reprennent pas le travail. La date de reprise annoncée par la statistique du travail est bine corroborée par la presse locale.

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Ouest-Eclair du 22 avril 1925

L’intérêt de la mise à disposition de toutes et tous de la collection numérisée de ce journal est évidente. Nous pouvons suivre ici un micro événement, à l’échelle de l’histoire du département, dont toute trace s’est perdue, à part quelques lignes dans le relevé statistique publié par l’Office du travail [1].


[1Sur l’histoire de la mesure des grèves, voir Penissat Etienne, Mesure des conflits, conflits de mesure. Retour sur l’histoire des outils de quantification des grèves,
Politix 2009/2, Volume 22, p. 51-72.

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