Les syndicats

lundi 14 janvier 2008, par jps29

L’ancienne CGT se scinde en deux en 1921 : les confédérés (CGT) et les unitaires (CGTU). Dans le second se retrouvent les communistes, les syndicalistes révolutionnaires et une grande partie des anarcho-syndicalistes. Les deux organisations suivent une route différente pendant quatorze années avant de fusionner.

La CGTU

La CGTU connaît dans ses premières années des débats violents, très politiques qui entraînent le départ successif de toutes les tendances non commmunistes. Les anarcho-syndicalistes la quittent les premiers en 1924 alors que l’un des leurs, Martin,- avait été jusque-là le Secrétaire général de l’Union Départementale. Ceux-ci s’organisent alors en syndicats autonomes (à Brest uniquement), refusant de retourner à la CGT. A l’origine de ce geste, l’adhésion du syndicat unitaire à l’Internationale Syndicale Rouge. En septembre 1931, les trois quarts des adhérents du puissant syndicat de l’enseignement, entraînés par Cornec, passent à la CGT. Ces deux vagues, les plus importantes qui aient affecté la CGTU, ne sont pas les seules : des départs souvent isolés d’adhérents ou de responsables ponctuent la vie de l’organisation, surtout en 1931 et 1932.

Autre handicap pour la CGTU, la transformation de ses structures - remplacement de l’Union Départementale par une Union Régionale - s’avère moins efficace en ne collant plus autant à la réalité du terrain syndical.

Ses bases fortes, nous les trouvons dans les ports de la côte sud où, après chaque grève, un flot d’adhésion vient grossir ses rangs. Plus combatifs que les confédérés, les unitaires sont mieux implantés dans le secteur privé, proportionnellement à leur effectif total. Mais cette réalité est lourde de faiblesses à moyen terme : la stabilité des adhérents est moins grande que- dans le secteur public et les administrations. Les sections syndicales se vident après quelques semaines ou quelques mois.

Par ailleurs, la CGTU est implantée chez les cheminots et dans les postes où elle parvient en général à faire part égale avec la CGT. Sa section de l’Arsenal de Brest - la plus grande entreprise du département, rappelons-le - est résiduelle face à une CGT importante. Le syndicat unitaire qui a culminé à 1 500 cartes en 1923 est retombé à un millier d’adhérents à la veille du Front Populaire.

La CGT

Les syndicalistes fidèles à la vieille maison se retrouvent bien isolés après la scission. Des 48 syndicats assistant au congrès de mars 1921, il n’en reste plus que douze en 1923. Le handicap est peu à peu surmonté : 30 sections en
1927, 42 en 1932. A la veille du Front Populaire, en 1933, les confédérés sont sept fois plus nombreux que les unitaires. Les causes de leur remontée sont le pendant exact de celles de la régression de la CGTU. Les structures sont stables ; les secrétaires de l’U.D., Damoy puis Berthelot, ne sont pas contestés à l’intérieur de l’organisation. La ligne du syndicat apparaît comme autonome de celle des partis politiques. La défense de la laïcité qu’ils affichent est appréciée par les fonctionnaires et les agents de l’Etat qui représentent ses meilleurs syndicats.

Les années 1931-1932 sont marquées par une forte montée de l’intérêt pour l’unité d’action. Avec l’adhésion de 500 instituteurs CGTU puis de plusieurs syndicats autonomes, la CGT bénéficie d’une bonne image de marque qui
lui sert à assurer sa suprématie dans le département.

Plus encline à la négociation qu’à la grève, la CGT se préoccupe essentiellement des questions salariales, de conditions de travail et cela dès les premières années, contrairement à la CGTU, marquées par ses espérances de transformation révolutionnaire rapide de la société. Dès la scission, l’analyse des confédérés colle plus à la réalité d’un recul de la combativité ouvrière et leur permet de construire une organisation solide grâce à un syndicat corporatiste qui s’appuie essentiellement sur les secteurs stables de la classe ouvrière ; mais le réflexe de l’appel à la grève disparaît chez
les dirigeants confédérés. Rarement la CGT est appelée à diriger des mouvements durs dans les entreprises. Deux pratiques, deux philosophies de l’action qui se forment pendant cette période façonnent de manière indélé-
bile le savoir-faire des dirigeants et des militants des deux organisations. Leurs attitudes respectives se retrouvent, avec des nuances et quelques reclassements, pendant le Front Populaire.

La CFTC

Quant à la CFTC, elle reste marginale jusqu’au Rassemblement populaire. Le contraste avec l’activité et la force relative des autres organisations syndicales est renforcé dans le Finistère par le gouffre qui sépare la vigueur des organisations catholiques dans le monde rural et la faiblesse des structures opérant dans les villes.

La société rurale

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