Les ouvriers agricoles, dans le Finistère pendant le Front populaire, quelle réalité ?

samedi 22 décembre 2012, par jps29

Préambule

Ce texte a été écrit dans le cadre de la préparation d’un article qui vient d’être publié dans le dernier numéro de l’année 2012 des Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, revue avec comité de lecture (une première pour moi). J’en ai rédigé un résumé en début d’article pour me consacrer essentiellement aux jeux des concurrences hégémoniques.

Bien sur, l’écriture (calvaire) de la thèse est essentielle mais la possibilité de pousser un peu l’analyse, même dans les marges apparentes du sujet, enrichit en retour la problématique de la thèse. Dommage que ce type de recherche demande autant de temps, en tout cas pour moi, sinon j’aurais quelques autres questions à creuser. Il me faudra attendre.

La fiche bibtex de l’article :

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        Author = {Sénéchal, Jean-Paul},
        Date-Added = {2012-12-18 17:21:56 +0000},
        Date-Modified = {2012-12-18 17:25:31 +0000},
        Journal = {Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest},
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        Pages = {115-136},
        Title = {Les contours incertains d'un enjeu hégémonique : les ouvriers agricoles dans le Finistère du Front populaire},
        Volume = {119},
        Year = {2012}}

Qui sont les ouvriers et ouvrières agricoles dans le Finistère des années 36 ?

Dans le monde rural, deux catégories d’ouvriers coexistent : les ouvriers agricoles et les ouvriers ruraux. Ce texte ne traite que des premiers. Les ouvriers agricoles participent directement aux travaux agricoles et sont permanents, logeant à la ferme, comme Penn-Ty [1] ou louent épisodiquement leurs bras en tant que saisonniers. L’autre groupe, celui des ouvriers ruraux, également fort nombreux, est composé de salariés travaillant dans de petites, voire très petites entreprises du monde rural. De multiples petits métiers occupent ainsi toute une population dont la survie économique est menacée par la production industrielle de masse. Nous ne nous intéresserons qu’aux premiers parce qu’ils ont suscité des stratégies particulières qui illustrent parfaitement les lignes de tensions qui traversent la société finistérienne. Pour autant, la société rurale perdure aussi grâce à ces multiples entreprises qui emploient une main-d’œuvre multiple et bon marché [2].

Pour bien prendre la mesure de l’importance de la population des ouvriers agricoles, il est nécessaire de la comparer avec les autres groupes professionnels (voir la figure 1). La population active totale se compose de trois catégories : les salariés, les isolés et les employeurs. Dans le groupe des salariés, les ouvriers agricoles dépassent de loin en 1936 les autres catégories avec 63890 personnes. Ils représentent presque deux fois plus de monde que le groupe suivant, celui des « services publics », dans lequel sont comptabilisés 3582 fonctionnaires. L’enjeu, en terme de politique hégémonique, est donc énorme. Ce chiffre est à rapprocher du nombre des employeurs qui surpasse celui des autres groupes avec 110488 « chefs », pour reprendre la terminologie de la statistique générale de France. Ces entreprises ont donc très peu de salariés. En effet, seule une entreprise dépasse les 20 salariés et 9 se situent entre 11 et 20 salariés. Cette situation crée une proximité entre ouvriers et patrons qui rend plus complexe l’affirmation d’une identité de salarié et d’intérêts propres. Le morcellement des personnels permanents comme la nécessité de trouver un travail lors des foires aux gages pour les saisonniers empêchent toute velléité d’insubordination de se traduire en actes. Quant au troisième groupe, celui des isolés agricoles [3], il est dépassé par la catégorie « industries de transformation ». La taille de ce groupe des travailleurs ruraux, qui comprend 17056 personnes, est le révélateur non équivoque d’une économie archaïque.

La population des ouvriers agricoles ne se répartit pas de manière homogène sur l’ensemble des communes du département. Une enquête, demandée par le ministre de l’agriculture en 1930, permet de cartographier la répartition géographique de ces salariés [4]. Ils sont comptabilisés en distinguant deux groupes selon qu’ils travaillent plus ou moins de 120 jours. Chaque mairie a été sollicitée pour donner la répartition de ces deux groupes pour sa commune. La population recensée comprend l’ensemble des salariés agricoles des deux sexes, français ou étrangers, de 13 à 60 ans. Les chiffres obtenus par l’enquête (35367 ouvriers et ouvrières) sont à prendre avec les précautions d’usage [5]. Les chiffres varient considérablement selon les enquêtes. 54781 hommes et 49421 femmes sont recensés dans la catégorie ouvriers agricoles en mars 1931 [6]. Une grande différence donc avec l’enquête de 1930. Une autre estimation comptabilise, pour l’année 1929, 24908 hommes et 15705 femmes, soit 40613 personnes en tout [7]. Ces fluctuations s’expliquent par la très grande perméabilité entre les différents statuts professionnels. L’exemple des ouvriers emballeurs de la région de Saint-Pol-de-Léon est révélateur de cette situation d’emplois multiples : ils cherchent à s’employer comme ouvriers agricoles à la fin de la saison des pommes de terre et des artichauts.

Les deux cartes révèlent une prédominance incontestable du sud du département dans l’emploi des ouvriers agricoles. Quelques communes se distinguent cependant dans le nord : Plougastel-Daoulas, avec les besoins en main-d’œuvre très limités dans le temps, pour la saison des fraises. La région de Saint-Pol-de-Léon, Plouescat et Ploudaniel également pour des besoins saisonniers de récolte de pommes de terre, d’oignons, de choux-fleurs et artichauts. L’activité humaine dans les campagnes est débordante :

« Ce qui frappe le voyageur quand il parcourt les régions légumières, c’est la vie qui s’en dégage. Des hommes partout, des femmes et des enfants travaillant aux champs et dans les cours des fermes, les routes sillonnées de charrettes et camions automobiles, les gares encombrées de marchandises, les fermes et les maisons se touchant presque sur les terres morcelées à l’extrême [8]. »

La répartition des ouvriers de plus de 120 jours dévoile un paysage encore plus contrasté. Le département est véritablement coupé en deux à partir d’une ligne Plomodiern-Carhaix. La prédominance de la moitié sud du Finistère est encore plus marquée pour les ouvriers agricoles permanents. Les besoins en main-d’œuvre y sont importants, y compris en dehors des périodes de cueillette ou de moisson. Ici les exploitations agricoles sont de taille plus importante que dans les zones maraichères du Léon. Dans le Léon, les petites exploitations ne nécessitent souvent qu’une main-d’œuvre familiale déjà abondante [9]. Dans le sud, les besoins dépassent largement les capacités familiales dans nombre d’exploitations. La zone légumière cornouaillaise concentre la plus grande partie des 4200 hectares consacrés à la culture des petits pois. Cette superficie exceptionnelle fait du Finistère, de très loin, le plus gros producteur du pays et explique, en partie, la présence d’ouvriers agricoles en très grand nombre.

Quand la crise économique survient, les ouvriers agricoles la subissent de plein fouet :

Les salariés agricoles ayant un emploi approchent des 38 % de l’ensemble des actifs en 1931 ; le pourcentage tombe à 34,61 % lors du recensement suivant alors que la catégorie des chefs d’établissements voit sa part augmenter (de 53,5 % à 58 %) bien qu’elle chute également en chiffres absolus. Près de 30000 ouvriers agricoles quittent les campagnes entre les deux recensements alors que le nombre de chômeurs déclarés reste proportionnellement faible. À la misère des années de travail succèdent l’inconnue et le déracinement avec l’exode comme seule issue possible au rétrécissement du marché de l’emploi.

Quelle vie mènent ces ouvriers ? Le témoignage de la fille d’un employeur résume la condition faite aux permanents et aux journaliers :

« Mon père n’avait qu’un commis et des journaliers. Il y avait trois ou quatre journaliers. Les journaliers ne couchaient pas à la maison, il y avait les penty. Le propriétaire habitait une maison convenable habituellement avec étage et grenier au dessus, tandis que les journaliers habitaient dans une petite maison bâtie à côté et ils travaillaient obligatoirement à la ferme et ils avaient un petit lopin de terre pour y mettre les légumes. Alors ils devaient des journées au patron pour travailler à la ferme [...]. J’ai connu le temps où le commis couchait à l’écurie au-dessus des chevaux, [...] ça a été supprimé vers 1930 [10]. »

Cette description donne une image réaliste de la situation générale des salariés agricoles : pauvreté et dépendance très forte à l’employeur. Georges Dauphin, ancien maire d’Arzano, confirme cette vie difficile en parlant de son père :

« Il a vécu des conditions de classe, mais il a souffert même. [...] Il est devenu ouvrier de ferme à quinze ans, il n’avait pas le droit au café le matin. L’ouvrier et la bonne avaient des conditions différentes du patron ou des patrons. On lui faisait savoir qu’on ne fait pas partie de la même catégorie de gens [11]. »

Corentin Gouerou, pourtant vice-président de la section ouvrière du syndicat de Landerneau ne dit pas autre chose sur les conditions d’hébergement des salariés agricoles, lors de l’unique grande réunion des sections ouvrières organisées par Landerneau au début de l’année 1938 :

« En quoi consiste ce logement ? À quelques exceptions près, tous se ressemblent. Ce sera une pièce au dessus de l’écurie, de l’étable ou de la grange directement sous le toit et où les fagots serviront de cloison pendant les trois quarts de l’année. De l’air, il n’en manque pas, il en vient de partout et on pourrait l’appeler « l’hôtel des courants d’air ». La lumière vient par une lucarne ou un carreau dans le toit et où les toiles d’araignées remplacent les rideaux [12]. »

Cependant, il existe une condition plus difficile encore, celle de plasennerien, de 250 à 400 hommes et femmes se présentent devant la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon entre 2 et 4 heures du matin d’avril à août et entre 4 et 5 heures les sept autre mois. Un érudit local, Yves Picard, qui a étudié cette population en 1905 parlait de bagne pour ces « véritables forçats [13] ». La situation de ces ouvriers n’évolue pas pendant l’entre-deux-guerres. Des jardins ouvriers leur ont été installés, héritage des clos du pauvre de saint Vincent de Paul. Leur nombre augmente régulièrement, pour passer de 106 en 1906, année de leur création, à 197 en 1942. Le principe est simple : une association, la section des jardins ouvriers, loue des terres à des propriétaires et les reloue, à un coût inférieur, à ces ouvriers agricoles. La différence est compensée par la cotisation des membres de l’association [14]. Cette association qui paraît de prime abord œuvre de charité a une utilité indéniable : elle permet de maintenir sur place des groupes d’ouvriers qui devraient émigrer autrement. Ainsi, la pression démographique sur le marché du travail est-elle très contrôlée.

Les conditions d’embauche varient selon la zone : le Finistère est ainsi découpé en trois secteurs jusqu’en 1936 [15]. La zone maraîchère de Saint-Pol-de-Léon, Roscoff, Santec et Plougoulm, forte consommatrice de main d’œuvre attire les ouvriers agricoles : les salaires y sont les plus élevés du département pour les hommes. Les salaires sont ceux des ouvriers permanents qu’il faut retenir pour qu’ils n’aillent pas chercher ailleurs de meilleurs revenus. Les conditions sont bien différentes pour les journaliers qui forment un lumpenprolétariat des champs, au sens premier du terme. Viennent ensuite la région Brest-Morlaix, c’est à dire le reste du Nord-Finistère puis le sud du département. Les salaires sont réexaminés tous les deux ans, mais leur fixation ne constitue, malgré le caractère officiel que lui donne la signature du préfet, qu’une moyenne. Il ne faut donc prendre la courbe des salaires officiels que comme une tendance générale.

Les salaires baissent dans les faits de manière sensible, accompagnant la crise du début des années trente. Cette crise perdure jusqu’en 1936, cumulant dans ses effets baisse du travail et faiblesse des revenus. Ainsi, à Pont-L’Abbé, la presse dresse un état des lieux peu optimiste :

« De nombreux domestiques n’ayant pu se placer le jour de la foire des Innocents, dernier jeudi du mois de décembre, se sont de nouveaux réunis jeudi dernier place Gambetta. Certains ont pu s’entendre avec les cultivateurs, mais beaucoup d’entre eux n’ont pas réussi à s’engager. Comme nous l’avions déjà relaté, le montant des gages a baissé sensiblement. Voici maintenant que de jeunes cultivateurs vont être sans travail. Ce n’est certes plus le moment de prêcher le retour à la terre [16]. »

Le prix de vente de produits agricoles est au cœur du problème, comme le relèvent les agriculteurs de Scaër qui demandent, lors d’une réunion un relèvement de ces prix. Le motif qu’ils exposent est exceptionnel de la part d’employeurs et mérite d’être souligné comme révélateur d’une profonde misère qui s’est installée dans les campagnes : « Nous, patrons, nous avons le désir de servir à nos ouvriers agricoles et aux journaliers, des gages honorables leur permettant de vivre et d’élever leur famille [17]. » Puis ces salaires montent fortement pendant tout le Front populaire. À cela deux raisons : la peur d’une contagion de l’agitation gréviste dans les campagnes a certainement facilité les hausses de salaire des ouvriers agricoles. De plus, la situation dans les campagnes est nettement meilleure ; les revenus agricoles connaissent une embellie incontestable pendant toute la période du Front populaire [18]. Toutes les catégories professionnelles en profitent :

Le salaire moyen des ouvriers employés temporairement est évidemment plus faible, même quand il augmente en saison estivale.

Un valet de ferme de la région de Morlaix reçoit, en 1934, 15,12 francs par jour si son employeur respecte le barème départemental. Mais ce salaire comprend les parties du salaire en nature que le document préfectoral estime à 6 francs par jour pour la nourriture, 0,25 franc pour le logement et également 0,25 franc pour les accessoires du logement [19].

L’évolution ne suffit pas pour mesurer la misère de ce prolétariat des champs. En 1930, un valet de ferme reçoit en moyenne entre 17 et 20 francs par jour pour 300 jours de travail dans l’année [20], avec une durée quotidienne qui oscille de 9 à 14-15 heures selon la saison [21]. La même année, un terrassier quimpérois gagne lui 32 francs pour une journée de 8 heures [22]. Une telle situation pousse-t-elle l’ouvrier agricole à réagir, à fonder des syndicats pour améliorer sa situation ?

À partir du Front populaire, la situation s’améliore donc en terme de revenus et l’emploi connaît également une embellie. Le rapport de l’Office départemental de placement gratuit analyse la situation du Finistère rural comme privilégiée, notamment pour les ouvriers agricoles. Une émigration temporaire et contrôlée permet à cette catégorie de ne pas connaître de chômage. Seuls dix ménages ont été secourus à Scaër à partir de novembre [23]. Cependant le Finistère n’est pas le département breton qui offre les meilleures conditions. Le salaire annuel de l’ouvrier agricole logé et nourri est bien plus élevé dans les Côtes-du-Nord 4680 francs, contre 3980 francs dans le Finistère. Pour les servantes de ferme, le Finistère se place en quatrième position avec 2260 francs contre 3400 francs dans le Morbihan [24].

Pendant la période du Front populaire, la durée du travail reste à des niveaux très élevés. Seule différence réelle par rapport à la période précédente, la durée du travail fait l’objet de discussion au sein d’une commission paritaire départementale et est, de fait, publique. La durée du travail dans les exploitations agricoles ne s’est bien sur pas mise au diapason de la loi des 40 heures. En moyenne, dans le nord du département, les ouvriers travaillent 10 heures en hiver, 12 heures l’été et jusqu’à 14 ou 15 heures pendant les gros travaux ; dans le sud, les horaires changent également selon la période de l’année : 9 heures de novembre à janvier, 11 heures de février à octobre avec une pointe à 13 heures en juin, juillet et août. Ces horaires sont fixés en commission paritaire et peuvent très bien être dépassés. Ils constituent des minimums imposables aux salariés [25].

Précision : Ce texte n’est pas libre de droits.


[1Le penn-ty est un ouvrier agricole qui loue à un propriétaire ou un fermier une petite maison et un lopin de terres, comme des travaux. Cette location lui permet d’avoir un toit et de quoi s’assurer quelques moyens de subsistance.

[2Le Finistère est le huitième département français en nombre d’ouvriers ruraux en 1936. La situation des ouvriers ruraux offre un contraste saisissant avec l’image d’un Front populaire synonyme d’une amélioration consistante des conditions de vie des salariés. Les éléments d’informations sont très rares. Un exemple, de source syndicale, illustre celles des ouvriers minotiers. Un syndicat CGT est créé dans la région brestoise en 1937. C’est d’ailleurs l’unique cas de syndicat réussissant à se structurer dans une corporation plutôt implantée en zone rurale. Le syndicat publie une étude sur le temps moyen de travail hebdomadaire dans dix moulins employant 62 salariés. Dans 5 de ces moulins, la durée hebdomadaire est de 50 heures, dans deux autres de 60 et dans les trois derniers elle atteint 70 heures par semaine. Les accords Matignon datent de près d’une année et demie pourtant les quarante heures sont encore loin. Le Finistère Syndicaliste n° 33, novembre 1937.

[3La rubrique des « isolés » a existé comme catégorie socio-professionnelle de 1896 à 1936 pour désigner de petits artisans, marchands ou travailleurs à la tâche.

[4Arch. dép. du Finistère, 7M248, 30 janvier 1930. Un troisième groupe, celui des métayers, est également pris en compte par l’enquête, mais le statut du métayage n’est pas un statut de salariés. Nous n’en avons donc pas tenu compte dans nos cartes, d’autant plus que le nombre de personnes concernées est très faible comme le reconnait Guébriant, président de la Chambre d’agriculture et de l’Office central de Landerneau, « le métayage est pour ainsi dire inconnu dans le Finistère ». Arch. Evêché de Quimper, 6K5, lettre de Guébriant au chanoine Le Goasguen, 29 juillet 1937.

[5En effet, pour une partie des communes, les relevés donnent certainement plus des ordres de grandeur qu’un compte exact. Ainsi Scaër, et ce n’est pas le seul exemple, compterait 900 ouvriers agricoles travaillant plus de 120 jours par an. L’arrondi à la centaine ne fait aucun doute. Il faut donc prendre ces chiffres pour ce qu’ils sont : une aide précieuse pour cartographier le nombre des ouvriers agricoles dans le Finistère. L’imprécision dans le détail ne nuit pas à cette approche cartographique des grandes tendances.

[6Arch. dép. du Finistère, 7M248, préfet, 8 mars 1931.

[7MINISTERE DE L’AGRICULTURE, Monographie agricole départementale : le Finistère, Paris, La Documentation Française, 1959, 61 p.

[8Arch. dép. du Finistère, 6M990, dossier enquête de 1929, rapport dactylographié, s.d., p. 3.

[9Fanch Elegoët explique, pour Plougerneau, qu’une tendance au morcellement des propriétés s’amorce en 1892 et se poursuit jusqu’en 1929. Le nombre d’exploitations de moins de 1 hectare a augmenté de 262 % et celui des exploitations de 1 à 5 hectare de 525 %. Le nombre d’ouvriers agricoles se réduit alors mécaniquement. Entre ces deux dates, 310 exploitations ont été créées alors que l’effectif des salariés agricoles décroît avec moins 908 salariés. Fanch Elegoët, « Plougerneau, Léon, une économie rurale à travers le XXe siècle », in : Norois, 112, octobre-décembre 1981, p. 450.

[10Jean-François LEDUC, « Marie, Fille du Saint-Esprit », in : Tud Ha Bro, n° 2, 1979, p. 40-41.

[11Didier HASCOET, De la J.A.C. à la politique, Cinq itinéraires finistériens, Quimper, Calligrammes, 1992, p. 44-45.

[12Ar Vro Goz, 13 février 1938.

[13Voir Louis ELEGOET, Le Léon, Quimper, Éditions Palantine, 2007, p. 157.

[14Parmi les membres de l’association, tous notables de Saint-Pol-de-Léon, Guébriant père. http://www.saintpoldeleon.fr

[15Recueil des actes administratifs de la préfecture du Finistère. Les barèmes de salaire sont publiés tous les deux ans.

[16La Dépêche de Brest, 5 janvier 1935. Le rédacteur de cet article utilise lui aussi le mot agriculteur comme terme générique pour désigner les travailleurs de la terre, qu’ils soient salariés ou non.

[17La Dépêche de Brest, 2 janvier 1935.

[18La direction des services agricoles du Finistère en fait le constat : « La campagne agricole 1937-1938 a été caractérisée surtout par une nouvelle et très nette revalorisation des produits agricoles. [...] La crise dont la campagne a tant souffert n’est plus aujourd’hui qu’un mauvais souvenir. » Arch. dép. du Finistère, 7M10.

[19Recueil des actes administratifs de la préfecture du Finistère, octobre 1934.

[20Recueil des actes administratifs de la préfecture du Finistère, août 1930.

[21Arch. dép. du Finistère, 7M78, réunion de la commission paritaire départementale du Finistère des patrons et ouvriers agricoles, 19 novembre 1936.

[22Bulletin du Ministère du Travail, 2ieme trimestre 1931. Treize professions figurent dans cette statistique. Nous avons choisi un des métiers les moins payés.

[23Arch. dép. du Finistère, 1N171, 1937-II, p. 93-98.

[24Institut national de la statistique et des études économiques, Direction régionale de Bretagne, Annuaire statistique régionale, année 1959, juillet 1951, p. 302.

[25Arch. dép. du Finistère, 7M68, Compte-rendu de la commission paritaire, 19 novembre 1936.